Entre terre, mer et savoir-faire : mes carnets de voyage photographiques sur l'île de Noirmoutier
- eric d'HEROUVILLE

- 7 août
- 2 min de lecture
Il y a quelques années, j'ai eu la chance d'être mandaté pour réaliser un reportage photographique complet sur l'île de Noirmoutier. Un voyage hors du temps, rythmé par les marées, les odeurs d'iode et le vent du large.
Pour m'imprégner pleinement de l'atmosphère insulaire, j'ai fait un choix radical : mon principal moyen de déplacement fut le vélo.

Pédaler le long des marais salants, sous les pins et à travers les venelles fleuries, offre un rapport au paysage totalement différent. C'est le meilleur moyen de ralentir, d'observer et de saisir l'âme véritable d'un territoire.
La rencontre avec Alexandre Couillon : la promesse d'un grand
Au cours de cette pérégrination, mon chemin a croisé celui d'un jeune chef alors discret, loin du tourbillon médiatique et pas encore auréolé des fameuses étoiles qui allaient couronner son talent par la suite : Alexandre Couillon.
Déjà, dans son établissement, on ressentait cette connexion viscérale avec l'île. Sa cuisine ne trichait pas ; elle s'inspirait directement de l'océan, des dunes et du terroir noirmoutrin. Photographier son travail de l'époque, c'était déjà entrevoir une vision poétique et engagée de la gastronomie, où chaque assiette racontait une histoire de respect et de simplicité brute.
Dans l'intimité d'un hangar en bois : Charles Marine
En continuant ma route à bicyclette, poussé par la curiosité et l'envie de rencontrer les artisans qui font battre le cœur de l'île, je me suis retrouvé devant un grand hangar en bois.
J'ai poussé la porte. À l'époque, ils étaient rares à tenter l'aventure audacieuse de la charpente marine. C'est ainsi que j'ai fait la rencontre de Jean-Charles Martineau, le créateur de l'entreprise Charles Marine.

L'atmosphère de l'atelier sentait bon le bois coupé, l'huile de lin et la résine. Au milieu des copeaux, Jean-Charles m'a ouvert les portes de son univers, me partageant sa passion pour la sculpture des coques et la restauration de bateaux traditionnels. Un travail de patience et de précision, façonné par l'exigence de la mer.
Ce reportage sur Noirmoutier reste l'un de mes souvenirs photographiques les plus marquants. Entre la haute voltige culinaire d'un chef visionnaire et la noblesse silencieuse d'un charpentier de marine, c'est toute une mosaïque de talents passionnés que j'ai eu le privilège de fixer sur la pellicule en parcourant à la force de mes mollets, cette belle île de Noirmoutier.
Eric d'Hérouville



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